Ilressort de ce tableau que dans la zone No1 la proportion des bénéficiaires qui s'alimentent en lait des chÚvres du Programme Bétail est de 73,68% et 78, 94% des bénéficiaires de la zone No2. Ces bénéficiaires utilisent aussi ce revenu dans l'achat de la nourriture et renforcent la ration quotidienne des enfants les plus vulnérables à la malnutrition (0 à 5 ans).31, 58%
Depuis quelques annĂ©es, les magnats de la technologie numĂ©rique et du techno-capitalisme Google, Facebook, Amazon ou encore Microsoft, pour ne pas les citer se sont lancĂ©s dans le domaine de lâalimentation. Les cinq plus grandes multinationales de lâagrochimie alimentaire contrĂŽlent plus de la moitiĂ© du marchĂ© mondial, allant Ă lâencontre des petits agriculteurs du monde entier, qui ont toujours dĂ©montrĂ© leur engagement en faveur de lâenvironnementalisme fondamental, des questions Ă©cologiques et de la prĂ©servation des Ă©cosystĂšmes. Ces agriculteurs sont tout Ă fait conscients que la plupart des Ă©missions de gaz Ă effet de serre sont causĂ©es par lâAgrobusiness, alimentĂ© par Mark Zuckerberg, Elon Musk et Bill Gates, ce dernier Ă©tant le plus grand propriĂ©taire de terres agricoles des Ătats Unis. Ils sont tous de plus en plus Ă©pris par le secteur de la nourriture synthĂ©tique une opĂ©ration de greenwashing pour distraire lâopinion publique en exposant de fausses solutions Ă la crise climatique et en dissimulant les vĂ©ritables causes. Nous en parlons avec Antonio Lupo, mĂ©decin, membre du ComitĂ© Amigos Sem Terra Italia et environnementaliste qui travaille depuis de longues annĂ©es aux cĂŽtĂ©s du Mouvement Sem Terra au BrĂ©sil et du Mouvement La Via Campesina, une des plus grandes associations paysannes et environnementalistes de lâhĂ©misphĂšre sud qui compte plus de 200 millions de paysans parmi ses membres. Pourquoi les magnats des technologies numĂ©riques et en ligne Google, Facebook, Amazon, Microsoft se sont emparĂ©s du secteur de lâalimentation ces derniĂšres annĂ©es ? La premiĂšre rĂ©volution verte » eut lieu en 1944, lorsque la Fondation Rockefeller crĂ©a un Institut pour accroĂźtre la productivitĂ© agricole des exploitations mexicaines, avant de sâĂ©largir au monde entier jusque dans les annĂ©es 1970. Le terme de rĂ©volution verte » dĂ©signe un ensemble dâinnovations dans la production agricole avec lâutilisation de variĂ©tĂ©s vĂ©gĂ©tales gĂ©nĂ©tiquement sĂ©lectionnĂ©es, dâengrais, de pesticides, dâeau et dâautres moyens techniques et mĂ©caniques. La mise en place de cette Agriculture Industrielle, autrement dit lâAgrobusiness, a en outre exclu des millions de paysans du travail dans les campagnes aujourdâhui, les paysans des pays occidentaux reprĂ©sentent entre 2 et 3 % de la population. La deuxiĂšme rĂ©volution verte » a dĂ©butĂ© dans les annĂ©es 1980, toujours dans le but dâaugmenter les rendements et la production alimentaire mondiale, via lâutilisation dâorganismes gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s OGM mais aussi de cultures hydroponiques. Ainsi, le premier OGM fut rĂ©alisĂ© en 1973 par deux chercheurs amĂ©ricains, le premier produit OGM commercialisĂ© fut lâinsuline en 1981 et les premiĂšres plantes transgĂ©niques Ă partir de 1983. Ce sont les multinationales qui fabriquent, brevettent et vendent les OGM aux agriculteurs. Il sâagit de plantes stĂ©riles â dont les semences doivent ĂȘtre achetĂ©es chaque annĂ©e â qui ne peuvent ĂȘtre utilisĂ©es quâavec des herbicides, des engrais et des machines agricoles spĂ©cifiques, vendus par les mĂȘmes multinationales. Lâherbicide le plus utilisĂ© jusquâĂ prĂ©sent en combinaison avec des semences OGM est le glyphosate, qui Ă©tait il y a encore quelques annĂ©es sous brevet de la multinationale amĂ©ricaine Monsanto, rachetĂ©e en 2016 par Bayer. Mais cette guerre artificielle de lâhomme contre la Nature a entraĂźnĂ© des rĂ©sistances inĂ©vitables, Ă laquelle les multinationales ont remĂ©diĂ© en jumelant dâautres herbicides aux semences OGM. En avril 2021, Bayer a lancĂ© aux Ătats-Unis le XtendFlex, un soja OGM rĂ©sistant Ă trois herbicides le dicamba, le glyphosate et le glufosinate, en concurrence avec un produit similaire de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine Corteva Agriscience. Ă noter que la technique OGM sâest dĂ©veloppĂ©e dans un premier temps lors du passage du capitalisme industriel au capitalisme financier Ă la fin des annĂ©es 1970, mais aussi parallĂšlement Ă la montĂ©e progressive des technologies de lâinformation, de plus en plus puissantes, Ă©galement utilisĂ©es pour les modifications gĂ©nĂ©tiques de la biotechnologie, aussi bien dans lâagriculture, que dans la mĂ©decine ou sur le corps humain. Cette combinaison dâinformatique et de gĂ©nĂ©tique est au cĆur de lâintĂ©rĂȘt et des Ă©normes bĂ©nĂ©fices rĂ©alisĂ©s par les magnats des technologies numĂ©riques avec la DeuxiĂšme RĂ©volution Verte. La preuve en est que Bill Gates, le quatriĂšme homme le plus riche au monde, avec un patrimoine de 133 milliards de dollars et dĂ©tenant 500 000 actions de Monsanto, est dĂ©sormais le plus grand agriculteur » amĂ©ricain. Bill Gates a investi 700 millions de dollars et possĂšde 242 000 acres de terres soit environ 98 000 hectares dans 18 Ătats amĂ©ricains, mĂȘme si sa Fondation Bill&Melinda Gates a connu des Ă©checs majeurs en investissant dans lâintroduction dâOGM dans lâagriculture en Afrique et en Inde un exemple type de philanthropie capitaliste ! Face Ă lâopposition mondiale grandissante envers les organismes gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s, de nouveaux OGM nommĂ©s CRISPR ont Ă©tĂ© créés en utilisant la technologie dâĂ©dition gĂ©nomique. Les maĂźtres de la biotechnologie â Bill Gates en tĂȘte â tentent de faire passer cette technique de gĂ©nie gĂ©nĂ©tique comme non OGM, ce qui entraĂźnerait son exclusion de la rĂ©glementation europĂ©enne sur les OGM. Le danger est considĂ©rable en Allemagne, câest la sociĂ©tĂ© Bayer qui est aux commandes et non le politicien en charge, et lâItalie et la France y sont favorables. Pourquoi Bill Gates, Mark Zuckerberg et Elon Musk sont-ils de plus en plus fascinĂ©s par les aliments synthĂ©tiques ? Quel paradigme agricole veulent-ils promouvoir ? Ces hommes sont sans aucun doute trĂšs intelligents et de trĂšs bons politiciens, Bill Gates encore plus que les autres. Ils exĂ©craient la politique de Trump, nĂ©gationniste du rĂ©chauffement climatique en cours, largement provoquĂ© par lâAgrobusiness et par son Agriculture Industrielle, notamment avec les Ă©missions de gaz Ă effet de serre et de particules. Tout cela est Ă lâorigine de la pollution de lâair, issue de lâĂ©levage intensif mais aussi de la dĂ©forestation massive rĂ©alisĂ©e pour obtenir des terres oĂč cultiver le soja et le maĂŻs, autrement dit des monocultures OGM cultivĂ©es pour le fourrage et avec une Ă©norme consommation dâeau douce. Nous avons beaucoup entendu parler de justice climatique notamment durant la prĂ©-COP 26 de Milan, et pourtant, mĂȘme les mouvements les plus avancĂ©s donnent peu de chiffres pour illustrer cette injustice. Selon moi, lâexemple le plus Ă©vident de cette injustice » est la consommation de viande par an et par habitant 120 kg aux Ătats-Unis, environ 80 kg dans lâUnion EuropĂ©enne, 60 kg en Chine, et entre 10 et 20 kg en Inde ainsi que dans la plupart des pays africains. Je me souviens que, lorsque jâĂ©tais enfant, tout de suite aprĂšs la guerre, ma mĂšre nous forçait Ă manger souvent du steak mĂȘme si ce nâĂ©tait pas le steak bien Ă©pais que lâon voyait dans la bande dessinĂ©e Tex il fallait imiter les amĂ©ricains qui avaient libĂ©rĂ© lâItalie ». RĂ©sultat la consommation de viande en Italie est passĂ©e de 16 kg par an et par habitant en 1960 Ă 75 kg aujourdâhui, bien quâil y ait une lĂ©gĂšre tendance Ă la baisse, en raison de lâaugmentation du nombre de vĂ©gĂ©tariens et de la connaissance sur la qualitĂ© » de cette viande, peut-ĂȘtre mĂȘme stĂ©rile, mais qui est obtenue Ă partir dâanimaux nourris avec du fourrage OGM, ultra-transformĂ©e et qui regorge de rĂ©sidus chimiques et dâantibiotiques. Les gens sont beaucoup moins conscients de la grande part de responsabilitĂ© de la viande et de la nourriture industrielle sur le rĂ©chauffement climatique, y compris ces jeunes formidables qui crient avec Greta Global Justice Now ! ». La FAO estime que le secteur zootechnique connaĂźtra une croissance de 74% au cours des dix prochaines annĂ©es dans les pays Ă faibles et moyens revenus, tandis quâĂ lâĂ©chelle mondiale, le nombre dâanimaux dâĂ©levage augmentera dâenviron 50% dâici 2050. Les populations et les politiciens occidentaux ont peur que les chinois, soit 1,4 milliard de personnes, veulent manger de la viande comme en Occident, ce qui pour eux serait une injustice ! Mais Bill Gates et ses associĂ©s lâont bien compris. Ils poursuivent leur retour avec lâAgrobusiness, les OGM et les vaccins et surfent dĂ©sormais sur lâalimentation artificielle ; ainsi, ils ne suggĂšrent pas de rĂ©duire la consommation de viande mais de produire et de consommer de la viande artificielle, comme le font les Ătats-Unis depuis quelques annĂ©es. En 2011, lâImpossible Burger fit son apparition. Créé par lâentreprise Impossible Foods, ce produit est Ă©galement vendu dans tous les restaurants de la chaĂźne Burger King aux Ătats-Unis soit plus de 7 000 restaurants. Les avantages ? Selon Impossible Foods, ses produits utilisent 97% moins de terres, 87% moins dâeau et Ă©mettent 89% moins de gaz Ă effet de serre que la production de viande conventionnelle. Lâentreprise assure que les propriĂ©tĂ©s nutritionnelles de ses produits sont Ă©gales ou supĂ©rieures Ă celles des produits animaux traditionnels. Par la suite, des chercheurs ont mis au point la viande obtenue grĂące Ă la technologie de la bio-imprimante 3D, une viande non OGM car le brevet utilise uniquement des biomatĂ©riaux, des protĂ©ines vĂ©gĂ©tales, des glucides, des vitamines et des matiĂšres grasses vĂ©gĂ©tales. Mais aujourdâhui nous sommes arrivĂ©s Ă la clean meat », câest-Ă -dire la viande synthĂ©tique â appelĂ©e aussi viande artificielle, viande cultivĂ©e, viande propre â issue de la prolifĂ©ration en laboratoire de cellules souches musculaires de porc, de poulet, de bĆuf, de canard, etc. qui sont placĂ©es dans une enceinte spĂ©ciale biorĂ©acteur contenant un substrat liquide de culture en gĂ©nĂ©ral un sĂ©rum de sang de fĆtus ou une solution synthĂ©tique de substances chimiques pour obtenir une composition semblable au sĂ©rum, afin de faire dĂ©velopper les cellules jusquâĂ former un tissu musculaire. Cette lutte contre la consommation de viande et contre les Ă©levages intensifs Ă Ă©tĂ© bĂ©ni par Bill Gates le 14 fĂ©vrier 2021, lors dâune dĂ©claration qui a fait lâeffet dâune bombe dans le magazine MIT Tech Review. Selon le multimilliardaire amĂ©ricain les pays riches devraient rapidement arriver Ă consommer uniquement de la viande produite Ă 100% en laboratoire. De cette façon, nous pourrions rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă effet de serre, produites en trĂšs grandes quantitĂ©s par les bovins durant le processus de digestion. Et, une autre chose non nĂ©gligeable, nous pourrions arrĂȘter de torturer et de tuer les animaux ». Le 22 septembre dernier, lâacteur oscarisĂ© Leonardo Dicaprio a rejoint en tant que conseiller et investisseur Aleph Farms et Mosa Meat, deux entreprises leader dans lâindustrie naissante de la viande de bĆuf cultivĂ©e, produite directement Ă partir de cellules animales. AprĂšs la viande, les entreprises investissent dĂ©sormais dans la production de miel, de blancs dâĆuf et de lait en laboratoire. Nombreux sont ceux qui travaillent pour obtenir du miel sans abeilles, du lait sans vaches et des Ćufs sans poules. Paradoxalement, aprĂšs avoir massacrĂ© les abeilles avec les nĂ©onicotinoĂŻdes et dâautres insecticides utilisĂ©s massivement dans lâagriculture, on nous propose dĂ©sormais ces nouveaux systĂšmes industriels qui nâont rien de rationnel si ce nâest le profit de ces magnats. Dâun point de vue environnemental et nutritionnel, la nourriture synthĂ©tique est-elle vraiment si durable » ? Il sâagit de rĂ©alitĂ©s minoritaires et expĂ©rimentales, qui ne rĂ©pondent pas Ă lâurgence de renverser le rĂ©chauffement climatique en seulement quelques annĂ©es, avec comme consĂ©quences les sĂ©cheresses, les phĂ©nomĂšnes extrĂȘmes, les inondations, les incendies et les migrations climatiques prĂ©vues pour des centaines de millions de personnes. Une autre donnĂ©e est peu Ă©voquĂ©e par les jeunes du Fridays For Future concernant la Justice Climatique Ă savoir les Ă©missions de CO2 par personne les 320 millions de citoyens amĂ©ricains Ă©mettent 14,61 tonnes par habitant, et les chinois, environ 1,4 milliard de personnes Ă©mettent 6,68 tonnes par habitant. Quant aux indiens, avec une population lĂ©gĂšrement infĂ©rieure aux chinois, ils Ă©mettent 1,61 tonne par habitant ! Ces donnĂ©es remontent Ă 2017 mais les chiffres les plus rĂ©cents montrent que la situation nâa pas vraiment changĂ© puisque les Ătats-Unis Ă©mettent encore deux fois plus de C02 par habitant que les chinois. Et pourtant, les journaux mettent en avant des grands titres tels que la Chine Ă©met plus de gaz Ă effet de serre que les Ătats-Unis ». Alors tous les hommes ont-ils vraiment les mĂȘmes droits et les mĂȘmes devoirs ? Nâest-il pas normal que ceux qui consomment le plus et qui Ă©mettent la plupart des gaz Ă effet de serre depuis ces 50 derniĂšres annĂ©es commencent Ă rĂ©duire considĂ©rablement leurs Ă©missions ? Les partisans de lâalimentation synthĂ©tique prĂ©tendent quâil sâagit dâune vĂ©ritable solution au changement climatique, en mesure de rĂ©soudre les dĂ©gĂąts Ă©cologiques et le problĂšme du bien-ĂȘtre animal. NĂ©anmoins, des Ă©tudes rĂ©centes dĂ©montrent que ce nâest pas aussi simple. En effet, la production de nourriture synthĂ©tique a une empreinte carbone plus Ă©levĂ©e que les protĂ©ines vĂ©gĂ©tales moins transformĂ©es[1], alors que les substituts vĂ©gĂ©taux sont jusquâĂ 7 fois plus intensifs dans lâĂ©mission de gaz Ă effet de serre par rapport aux lĂ©gumes entiers. La viande Ă base cellulaire Ă©met plus de gaz Ă effet de serre que les produits dâorigine animale, comme la viande de porc ou la volaille et de nouvelles recherches donnent Ă penser que sur le long terme, lâimpact environnemental de la viande cultivĂ©e en laboratoire pourrait ĂȘtre supĂ©rieur Ă lâimpact du bĂ©tail [2]. Concernant la qualitĂ© nutritive de la nourriture synthĂ©tique, je dirai simplement que la qualitĂ© sera certainement stĂ©rile, mais ce nâest pas le seul Ă©lĂ©ment Ă prendre en compte pour une alimentation correcte, saine et durable. Les aliments doivent ĂȘtre synonymes de qualitĂ© et de vie, ĂȘtre organiques pour ĂȘtre mĂ©tabolisĂ©s dans notre organisme, qui vit en symbiose, dans lâintestin de chacun de nous, avec un kilo et demi de virus et de bactĂ©ries la flore intestinale, dĂ©fini rĂ©cemment comme notre deuxiĂšme cerveau. Par ailleurs, les aliments synthĂ©tiques sont toujours ultra-transformĂ©s, conservĂ©s et transportĂ©s Ă distance ils restent malgrĂ© tout des aliments industriels. [1] Santo, Raychel E., et al. Considering Plant-Based Meat Substitutes and Cell-Based Meats A Public Health and Food Systems Perspectiveâ. Frontiers in Sustainable Food Systems, vol. 4, Aug. 2020, p. 134. [2] Muraille, Eric. âCulturedâ Meat Could Create More Problems than It Solvesâ. The Conversation, Nov. 28, 2019. Traduit de lâitalien par ClĂ©mence Berger ParcĂ la carte. Programme, informations et tarifs; RandonnĂ©es; Patrimoine et traditions vivantes; ConfĂ©rences du Parc; ExpĂ©riences; DĂ©couvertes et observation; Sorties accompagnĂ©es pour les Ă©coles; Offres Ă la carte pour entreprises; Planchette, pique-nique du Parc; Bons du Parc; Grand Tour des Vanils. Informations; Les Ă©tapes; HĂ©bergements, restauration ; Etat du chemin ; Soyons clairs, l'Ă©tat de famine n'est pas un mot que nous utilisons Ă la lĂ©gĂšre », explique Erminio Sacco, expert en sĂ©curitĂ© alimentaire au Fonds pour l'alimentation et l'agriculture FAO. Depuis 2007, le terme est employĂ© dans le cadre d'un systĂšme mondial de classification, l'Ă©chelle IPC, Ă©laborĂ© par plusieurs agences humanitaires. DĂ©finition scientifique Pour l'IPC, la famine est dĂ©clarĂ©e dĂšs lors que plus de 20 % de la population d'une rĂ©gion a un accĂšs trĂšs limitĂ© Ă la nourriture de base, que le taux de mortalitĂ© est supĂ©rieur Ă deux personnes pour 10 000 par jour et qu'une malnutrition aiguĂ« touche plus de 30 % de la population. Cette mĂ©thodologie scientifique aide Ă Ă©viter que la famine ne devienne un terme manipulĂ© Ă des fins politiques », explique Sacco. Lors du siĂšcle Ă©coulĂ©, hors Afrique, des famines ont frappĂ© la Chine, l'Union soviĂ©tique, l'Iran et le Cambodge. Elles ont souvent Ă©tĂ© le rĂ©sultat de l'action humaine. L'Europe a connu plusieurs famines au Moyen Ăge. Les plus rĂ©centes ont eu lieu lors des deux guerres mondiales, en Allemagne, en Pologne et aux Pays-Bas, Ă la suite de blocus militaires. En Afrique, il y a eu plusieurs famines ces derniĂšres dĂ©cennies, de celle au Biafra Nigeria, dans les annĂ©es 1970, Ă celle en Ăthiopie en 1983-1985. Cette derniĂšre avait suscitĂ© une forte Ă©motion dans le monde, relayĂ©e par les mĂ©dias et marquĂ©e par la mobilisation d'artistes pour collecter des fonds. La derniĂšre famine dans le monde s'Ă©tait dĂ©roulĂ©e en 2011 en Somalie, et avait tuĂ© environ 260 000 personnes. Pourquoi y a-t-il encore des famines ? Si le Soudan du Sud est pour l'instant le seul pays oĂč la famine est dĂ©clarĂ©e, l'ONU a averti qu'elle menace aussi le Nigeria, la Somalie et le YĂ©men, et que plus de 20 millions de personnes pourraient ĂȘtre concernĂ©es. Le dĂ©nominateur commun, c'est un conflit armĂ© qui dure et son impact nĂ©gatif sur la nourriture, l'agriculture et le bĂ©tail ..., les moyens de subsistance, le commerce, et enfin, ce qui n'est pas le moins important, la distribution de l'aide humanitaire », relĂšve Erminio Sacco. Des quatre pays prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©s, la Somalie est le seul oĂč la famine soit causĂ©e par la sĂ©cheresse et non par un conflit. Peut-on encore Ă©viter le pire en Somalie ? Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'ONU Antonio Guterres a appelĂ© le 7 mars la communautĂ© internationale Ă se mobiliser massivement pour Ă©viter le pire » en Somalie, pays de la corne de l'Afrique sur lequel plane l'ombre d'une nouvelle famine. Car une Ă©niĂšme sĂ©cheresse ravage l'est de l'Afrique et la Somalie est au bord d'une troisiĂšme famine en 25 ans. L'Organisation mondiale de la santĂ© OMS estime que plus de 6,2 millions de Somaliens â soit la moitiĂ© de la population â ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence, dont prĂšs de trois millions qui souffrent de la faim. Les nouvelles autoritĂ©s de ce pays rongĂ© par deux dĂ©cennies de guerre et de crises humanitaires Ă rĂ©pĂ©tition ont dĂ©crĂ©tĂ© fin fĂ©vrier l'Ă©tat de catastrophe nationale », et les images de corps Ă©maciĂ©s Ă©mergent dans les mĂ©dias, faisant ressurgir le spectre de la famine de 2011. Il est possible d'Ă©viter le pire », a dĂ©clarĂ© Ă la presse Antonio Guterres aprĂšs s'ĂȘtre entretenu Ă Mogadiscio avec le nouveau prĂ©sident somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, Ă©lu le 8 fĂ©vrier et plus connu sous son surnom de Farmajo. Nous avons besoin d'un soutien massif de la part de la communautĂ© internationale pour Ă©viter une rĂ©pĂ©tition des Ă©vĂ©nements tragiques de 2011. » Le prĂ©sident de ce pays privĂ© depuis 1991 de pouvoir central et dont le gouvernement est soutenu Ă bout de bras par la communautĂ© internationale et la force de l'Union africaine Amisom, a soulignĂ© que la Somalie fait face Ă une sĂ©cheresse qui pourrait devenir une famine si nous n'avons pas de pluie dans les deux prochains mois ». AprĂšs sa rencontre avec le prĂ©sident Mohamed Ă Mogadiscio, Antonio Guterres a visitĂ© un camp de dĂ©placĂ©s Ă Baidoa, capitale de la province de Bay Sud. Cette ville, qui, selon l'ONU, abrite 42 000 dĂ©placĂ©s, est dans la zone la plus affectĂ©e par la sĂ©cheresse. Les militants islamistes shebabs, affiliĂ©s Ă Al-QaĂŻda et qui contrĂŽlent la majeure partie du Sud somalien, refusent de laisser les humanitaires venir au secours des populations. Nous avons l'obligation morale de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider ces gens », a dĂ©clarĂ© M. Guterres dans le camp, avant d'affirmer C'est la situation dramatique dans laquelle se trouvent des pays tels que la Somalie qui produit le terrorisme. » Au Soudan du Sud, la famine devient chronique Le camp est surtout peuplĂ© d'Ă©leveurs, qui ont perdu leur bĂ©tail et n'ont eu aucune rĂ©colte lors des trois derniĂšres saisons de moisson. Les femmes et enfants reprĂ©sentent 80 % des nouveaux arrivants, selon l'ONU. Nous n'avons plus de vivres, et notre bĂ©tail est mort », a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP Mainouna, venue avec trois de ses six enfants depuis la rĂ©gion de Middle Juba, au sud de Baidoa. LĂ -bas, nous ne pouvions pas obtenir d'aide. » La Somalie n'est pas le seul pays africain actuellement menacĂ© par la famine. Elle a Ă©tĂ© officiellement dĂ©clarĂ©e le 20 fĂ©vrier au Soudan du Sud, oĂč elle touche 100 000 personnes. NĂ© en 2011 aprĂšs sa sĂ©paration d'avec le Soudan, le Soudan du Sud a sombrĂ© fin 2013 dans une guerre civile meurtriĂšre. Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les rĂ©fugiĂ©s HCR, environ 32 000 Sud-Soudanais ont trouvĂ© refuge au Soudan depuis le dĂ©but de l'annĂ©e et des dizaines de milliers d'autres devraient les imiter dans les mois Ă venir. Le Soudan, qui compte dĂ©jĂ 330 000 rĂ©fugiĂ©s sud-soudanais, a mis en place des centres de transit Ă la frontiĂšre et des camps de rĂ©fugiĂ©s Ă travers tout le pays.- ĐŁÎČáŃեηᄠÎčÏДՎáȘŐ©ĐžÎșŃ
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