Commevous avez choisi notre site Web pour trouver la réponse à cette étape du jeu, vous ne serez pas déçu. En effet, nous avons préparé les solutions de Word Lanes Au rugby, elles rassemblent les joueurs. Ce jeu est développé par Fanatee Games, contient plein de niveaux. C’est la tant attendue version Française du jeu.Publié le 28/05/2019 à 1817 Teddy Thomas et Guilhem Guirado font partie des ambassadeurs de la campagne LE SCAN SPORT - Avec la campagne XV nuances de jeu», la FFR et la LNR invitent le grand public à découvrir le rugby d'un nouvel œil celui des joueurs et joueuses, avec leurs témoignages sur ce sport qui les rassemble. Ce mercredi, la Fédération française de rugby FFR et la Ligue nationale de rugby LNR lancent leur première campagne commune pour donner la parole aux acteurs du rugby. Baptisée XV nuances de rugby», elle a pour objectif de proposer une expérience nouvelle» au public français, en lui permettant de plonger au cœur du jeu».La campagne prend la forme de vidéos, dans lesquelles quinze joueurs et joueuses, du n°1 au n°15, répondent aux questions de deux anciens internationaux du XV de France, Vincent Clerc et Aurélien Rougerie. Ils témoignent de leur expérience, de leur passion pour le rugby, de leur regard sur leur sport et ses évolutions. Ils partagent également leur vision et la relation qu'ils entretiennent avec leur poste sur le terrain. La campagne se décline en 60 vidéos au total pour chaque joueur ou joueuse, elle propose une vidéo centrée sur le poste, son évolution ainsi que trois vidéos bonus sur l'entraînement, les qualités nécessaires et des conseils pour les jeunes qui veulent porter le même numéro. Les vidéos sont disponibles sur la plateforme campagne propose également cinq spots TV qui permettent au spectateur de découvrir le terrain ligne par ligne, afin de rappeler que tous les profils et toutes les qualités sont nécessaires au sein d'une équipe de rugby». Ces spots TV seront diffusés sur les chaînes partenaires de la LNR et de la FFR à savoir le groupe Canal+, France Télévisions et Eurosport.La FFR et la LNR ont eu la volonté de refléter toute la diversité du rugby français dans cette campagne, en représentant toutes les sensibilités. On retrouve donc, parmi les ambassadeurs choisis, des hommes et des femmes, des joueurs de clubs et d'équipes de France, des joueurs de rugby à XV ou à 7. Guilhem Guirado, Teddy Thomas ou encore Maxime Médard font notamment partie de ces quinze ambassadeurs à se dévoiler.
Orly(France) - Les 30 joueurs du XV de France, dont six joueurs touchĂ©s lors de la 11e journĂ©e de Top 14, se sont rassemblĂ©s dimanche en dĂ©but d'après-midi Ă l'aĂ©roport d'Orly, Ă1Cet article s’attachera – Ă partir d’une revue des travaux menĂ©s en communication et marketing politique Maarek, 2007, communication organisationnelle Jolivet, 1998, en sociologie du sport Caillat, 1989 ; Brohm, 1992 ; Bromberger, 1995 ; Gasparini, 2000 ; Barbusse, 2002, en management et marketing sportif Bouchet et Sobry, 2005 ; Bayle, 2007 ; Corneloup, 1999 ; Fontanel et Paturel, 2008 – Ă analyser la façon dont les valeurs sportives parviennent Ă dĂ©passer le strict contexte du sport pour se voir investies de potentialitĂ©s intĂ©ressantes par des hommes politiques et des chefs d’entreprise. 2Comment un sport comme le rugby contribue-t-il Ă fortifier l’identitĂ© d’une ville, d’une rĂ©gion, en une Ă©poque oĂą les repères territoriaux et sociaux se font rares » Sansot, 2005, p. 14 ainsi que l’écrit le philosophe et sociologue Pierre Sansot dans son ouvrage Le rugby est une fĂŞte, le tennis non plus ? Comment peut-il ĂŞtre le vecteur de la transmission d’un message plus largement humaniste ? Comment peut-il Ă©galement ĂŞtre dĂ©tournĂ© de sa fonction première pour servir d’autres objectifs ? 3Nous nous efforcerons dans un premier temps d’analyser les valeurs spĂ©cifiques au rugby pour mettre en lumière celles qui pourraient faire l’objet d’une transmission en direction de la sociĂ©tĂ© civile et des sociĂ©tĂ©s privĂ©es et les modalitĂ©s prĂ©cises selon lesquelles cette transmission pourrait se dĂ©rouler. Nous Ă©tudierons dans un second temps la propension marquĂ©e des politiciens, des managers et des chefs d’entreprise Ă s’emparer d’évènements sportifs pour asseoir leur popularitĂ©, amĂ©liorer leur visibilitĂ© ou asseoir une politique commerciale. Nous nous intĂ©resserons Ă leur manière de mettre en scène de manière ostentatoire leur connaissance d’un sport pour crĂ©er une dramaturgie, un vĂ©ritable spectacle renforçant le sentiment de proximitĂ© avec le public venu assister au match, public qui reprĂ©sente, bien Ă©videmment, une part non nĂ©gligeable leur possible Ă©lectorat. C’est d’ailleurs ce que note fort judicieusement l’anthropologue et sociologue Georges Balandier dans Le pouvoir sur scènes lorsqu’il Ă©crit que la communication politique emprunte parfois au théâtre certains artifices destinĂ©s Ă surprendre l’auditoire La “théâtrocratie” […] règle la vie quotidienne des hommes en collectivitĂ© elle est le rĂ©gime permanent qui s’impose aux rĂ©gimes politiques divers, rĂ©vocables, successifs » Balandier, 1992, p. 13. Nous essaierons de montrer de manière plus approfondie que la mise en scène de la connaissance du rugby par les hommes politiques constitue une forme très visuelle d’activitĂ© rituelle, ainsi que le remarque Pascal Lardellier ce spectacle vivant et Ă reprĂ©sentation unique que constitue le rite, et dont les acteurs se trouvent ĂŞtre les plus hauts reprĂ©sentants de l’État, ne s’épuise pas en une hypothĂ©tique finalitĂ© de divertissement, […] le rite politique constitue en fait un moment du pouvoir en performance, un accomplissement authentique de la vie institutionnelle. Lors de ces rites, le pouvoir se donne Ă voir Ă la sociĂ©tĂ©, et le fait de se montrer ainsi revĂŞt une dimension politique active » Lardellier, 2003, p. 168. 4Les valeurs rugbystiques sont ainsi mises au service de dispositifs communicationnels Ă©laborĂ©s oĂą la vie politique, entrepreneuriale et le sport collectif sont appariĂ©s. Au-delĂ des pures considĂ©rations politiques et des diffĂ©rentes Ă©chĂ©ances Ă©lectorales, il ne demeure que des rites structurants qui, du rugby Ă la sociĂ©tĂ©, contribuent sinon Ă fonder du moins Ă renforcer un vivre ensemble les rites sont partout prĂ©sents, et ils remplissent d’inestimables fonctions sociales. […] Ils produisent du lien, de la mĂ©moire et de l’appartenance, tout en donnant un cadre esthĂ©tique Ă nos relations […], sont tout Ă la fois des Ă©crins pour nos relations et une architecture pour la sociĂ©tĂ© » Lardellier, 2013, p. 13. ConsidĂ©rons Ă prĂ©sent les valeurs spĂ©cifiques du rugby Ă l’aune de leur possible transmission Ă l’ensemble des individus et des salariĂ©s des organisations qui constituent le cĹ“ur d’une qui est en mĂŞme temps une agora politique. Les valeurs du rugby une valeur ajoutĂ©e pour la sociĂ©tĂ© et pour l’organisation ? Les valeurs humanistes du rugby 5Dans l’univers du rugby, les dimensions physique, technique et stratĂ©gique sont très prĂ©sentes au cours de la partie mais n’occultent Ă aucun moment la richesse des relations interpersonnelles et intersubjectives faites de confiance, de connaissance rĂ©ciproque et de complĂ©mentaritĂ© qui se tissent entre les quinze joueurs d’une mĂŞme Ă©quipe. Ces relations sont nourries et sous-tendues par des valeurs qui en font tout l’intĂ©rĂŞt et Ă©galement toute la beautĂ©. 6Le rugby suppose dans un premier temps la coopĂ©ration entre partenaires d’une mĂŞme Ă©quipe. Mais cela n’empĂŞche pas, bien au contraire, le respect d’autrui Ă travers les adversaires on joue contre eux, mais aussi avec eux l’affrontement avec l’autre permet donc de se situer, de trouver sa place. On se mesure Ă un adversaire Ă©gal, miroir de soi-mĂŞme, pour affirmer sa propre identitĂ©. […] L’idĂ©al maçonnique disait “se construire ensemble”, et c’est bien ce qui fait l’essence mĂŞme du rugby » Herrero, 2003, p. 13. Le combat collectif notamment dans l’épreuve de force que constitue la mĂŞlĂ©e et les nombreuses situations frontales d’affrontement physique dans les regroupements, par exemple prĂ©supposent Ă la fois le courage individuel et la solidaritĂ© face Ă l’adversitĂ©. Pierre Sansot Ă©crit Ă ce propos le rassemblement d’un groupe autour d’une action fondamentale […] touche aux confins du sacrĂ©, au trĂ©fonds de la condition humaine » Sansot, 2005, p. 40-41. Cela suppose donc d’accepter le choc et la chute pour dĂ©marquer un partenaire, conserver ou recouvrer la possession de la balle. 7La pratique du rugby s’accompagne Ă©galement d’intelligence tactique pour choisir les solutions individuelles et collectives les plus adaptĂ©es au rapport d’opposition mis en Ă©vidence par le contexte de jeu. En effet, le bon joueur doit capter le plus grand nombre d’informations […] et opĂ©rer le “bon choix”. […] Ce qui rend la performance mĂ©ritoire, c’est qu’il possède un dĂ©lai fort court. […] De lĂ une vivacitĂ© d’esprit indispensable » ibid., p. 25-26. Cette intelligence tactique s’accompagne aussi d’une nĂ©cessaire prise d’initiative pour sortir Ă bon escient des schĂ©mas de jeu préétablis et impulser un peu de crĂ©ativitĂ©. Celle-ci consiste Ă aller du dĂ©sordre Ă l’ordre, ou, Ă l’inverse, de l’ordre au dĂ©sordre, bref Ă restructurer l’ordre […] de la relation Ă autrui […] d’une manière nouvelle qui nous est plus favorable » ibid., p. 26. Le rugby, sport collectif de combat indissociable d’une certaine rudesse place au firmament le goĂ»t de l’effort qui permet de supporter la durĂ©e des matches, les alĂ©as du score et des intempĂ©ries. Enfin, la dernière de ces valeurs – et non la moindre – est la convivialitĂ© qui se manifeste après le match lors de la fameuse “troisième mi-temps” et permet de poursuivre – ainsi que l’observe Jean-Jacques Boutaud – la rencontre des autres dans le cadre festif et dĂ©contractĂ© d’un repas la table rassemble, rĂ©unit, place au mĂŞme niveau, gomme les barrières sociales. Elle installe et instaure le partage, la confiance, voire la confidence. […] Elle est signe de communautĂ©, de communion » Boutaud, 2011, p. 17. Si pour le stratège Carl von Clausewitz, la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens, la troisième mi-temps constitue au rugby Ă la fois la continuation rassĂ©rĂ©nĂ©e des percussions rugueuses et l’instrument permettant l’instauration d’une paix des braves qui prolonge sur le plan de la parole la geste guerrière des corps. Ainsi, la table autour de laquelle se rĂ©unissent les joueurs des deux Ă©quipes rassemble un microcosme organisĂ©, une vĂ©ritable microsociĂ©tĂ© et reprĂ©sente un lieu de plaisirs partagĂ©s, de communion des corps et des cĹ“urs » Lardellier, 2011, p. 23. La troisième mi-temps au rugby est organisĂ©e autour de la commensalitĂ©, c’est-Ă -dire du repas pris en commun Ă ce titre, elle sera considĂ©rĂ©e, Ă©crit Pascal Lardellier, comme le cĹ“ur de la vie sociale et un formidable théâtre relationnel, lieu de partage et de plaisirs, impitoyable prisme sociologique » ibid., p. 31. Tout Ă la fois art du partage, plaisir de l’échange et voluptĂ© de la transmission, le rugby est une mĂ©taphore vive » pour faire rĂ©fĂ©rence Ă Paul RicĹ“ur de la sociĂ©tĂ© française. Il fonctionne comme un puissant rĂ©vĂ©lateur auquel les pratiques humaines sont passĂ©es. Les valeurs ajoutĂ©es 8Comment les valeurs du rugby peuvent-elles ĂŞtre Ă©tendues Ă d’autres contextes que celui du sport ? En quoi peuvent-elles ĂŞtre Ă©clairantes pour les sociĂ©tĂ©s en gĂ©nĂ©ral en tant que communautĂ©s rĂ©gies par des règles et pour les organisations ? En quoi les valeurs issues d’un sport de combat pourraient-elles ĂŞtre profitables Ă l’ensemble de la classe politique ? 9Nous proposons ici de montrer en quoi les valeurs du rugby peuvent prĂ©cisĂ©ment constituer un apport enrichissant pour les relations humaines qui s’organisent autour du rĂŞve, du rire, de l’émotion, des joies communes » Sansot, op. cit., p. 15 qui fournissent la trame de la vie en collectivitĂ©. J’analyserai d’abord les relations structurant la vie politique autour d’un dĂ©bat d’idĂ©es qui met en prĂ©sence deux partis antagonistes comme le font les Ă©quipes de rugby qui rentrent chaque fin de semaine sur un terrain pour s’y affronter, puis les logiques convergentes qui peuvent exister entre le rugby et le monde de l’entreprise. 10Si le rugby est nĂ© d’une transgression saisir la balle Ă la main et la porter dans l’embut – comme toutes les actions politiques dĂ©cisives il n’y a qu’à penser Ă l’appel du 18 juin lancĂ© par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle et s’inscrivant Ă contre-courant du discours de PĂ©tain – il existe nĂ©anmoins des diffĂ©rences importantes entre ce sport collectif et la politique, ainsi que l’observe avec justesse le journaliste Thomas Legrand les qualitĂ©s pour jouer au rugby sont celles dont on rĂŞve pour la politique il faut ĂŞtre courageux, collectif, loyal et ne pas avoir un ego surdimensionnĂ© » Legrand, 2011. En effet, la communication politique prend parfois l’allure d’une joute oratoire entre deux politiciens qui parviennent mal Ă cacher leur volontĂ© de puissance et leur dĂ©sir de reconnaissance. La guerre des chefs – pour le moins triviale – qui a opposĂ© Jean-François CopĂ© et François Fillon entre avril et mai 2013 – dans le cadre des Ă©lections organisĂ©es pour briguer la prĂ©sidence de l’UMP – est lĂ pour en tĂ©moigner. Une diffĂ©rence fondamentale entre le rugby et la vie politique se situe Ă©galement au niveau de la mentalitĂ© spĂ©cifique Ă chaque activitĂ© en effet quand on porte la balle, au rugby, c’est gĂ©nĂ©ralement pour essayer de fixer le plus d’adversaires sur soi afin d’offrir le ballon Ă un partenaire qui aura ainsi la voie plus libre. C’est pour lui que l’on aura avancĂ© et mobilisĂ© le plus possible la dĂ©fense adverse. » Legrand, 2011. 11Au rugby les actions des huit avants notamment au cours d’une mĂŞlĂ©e servent Ă faire briller les sept arrières, alors qu’au contraire tout ce qu’entreprend un homme politique c’est pour se mettre lui-mĂŞme en lumière. Bien plus qu’un simple sport collectif comme il y en a tant football, handball, basket-ball, le rugby se singularise par sa conception Ă©minemment altruiste du jeu sans les autres membres de l’équipe au rugby on ne peut rien faire les rares vedettes de l’histoire du rugby Spanghero, Rive ou Chabal le sont plus par leur dĂ©gaine que par leurs performances. Il n’y a pas de stars dans le rugby tout simplement parce qu’il est très difficile » Legrand, 2011, impossible mĂŞme d’être mis en Ă©vidence au dĂ©triment de ses coĂ©quipiers. Comme l’écrit Pierre Sansot dans son ouvrage Le rugby est une fĂŞte, il y a au rugby, de par sa tradition, de par la rudesse de son jeu, un goĂ»t de la simplicitĂ©, un respect de la vĂ©ritĂ© » Sansot, 2005, p. 21 qui bat en brèche toute tentative de mise en scène de soi, toute propension au paraĂ®tre qui semble, au contraire, constitutive de l’exercice de la politique. Mais ces diffĂ©rences certes importantes ne doivent pas occulter une rĂ©alitĂ© partagĂ©e, la nĂ©cessitĂ© commune Ă ces deux univers de mobiliser un grand sens stratĂ©gique, il faut ĂŞtre malin mais pas trop retors » Legrand, 2011. Au rugby tout comme en politique, il faut savoir alterner entre des phases de confrontation directe et des phases d’évitement, entre la lutte acharnĂ©e et une certaine forme de prise de recul par rapport Ă l’effervescence ambiante. Il y a cependant une similitude profonde entre le rugby et la politique, c’est cette capacitĂ© Ă s’engager corps et âme dans un pugilat qui peut ĂŞtre d’une rare violence, et Ă revenir immĂ©diatement après Ă une attitude pacifique sitĂ´t le coup de sifflet final donnĂ©. 12Ă€ la fin d’un match de rugby, il n’est pas rare de voir de solides gaillards la gueule ensanglantĂ©e et les oreilles en choux fleurs, faire des haies d’honneur Ă leurs adversaires en retournant au vestiaire » Legrand, 2011. Dans le champ de la politique ainsi que des campagnes et stratĂ©gies de communication qui en sont indissociables, l’opinion publique a tendance Ă ne retenir que des rivalitĂ©s soigneusement entretenues Ă grands renforts de joutes mĂ©diatiques qui constituent un aperçu biaisĂ© et rĂ©ducteur de la situation en rĂ©alitĂ© ces hommes et ces femmes qui s’entredĂ©chirent savent mieux que d’autres passer outre, “jeter la rancune Ă la rivière” comme disait Giscard » ibid.. Le dĂ©roulement et l’issue de la primaire socialiste avant mĂŞme le dĂ©but de la campagne prĂ©sidentielle 2012 ont donnĂ© lieu Ă des sĂ©quences dignes des plus belles images de fairplay au rugby. Durant la mĂŞme campagne, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de vouloir rallier Ă sa cause ceux qui l’avaient sĂ©vèrement critiquĂ© Villepin, Hulot, Morin, etc., adoptant une attitude rugbystique très courante, celle qui consiste Ă serrer la main de celui avec lequel on vient de s’échanger quelques marrons » ibid.. NĂ©anmoins, il reste une partie du public concernĂ© par la politique celui des militants et des sympathisants qui devrait calquer leur comportement sur celui des joueurs de rugby. Durant un match de rugby, les supporters se chambrent gentiment et se mĂ©langent avec plaisir dans les tribunes. Le rugby est un combat passionnant parce que dĂ©passionnĂ©, un exutoire et une joute pacifique oĂą la violence est neutralisĂ©e. 13Au sein de l’entreprise, une introduction des valeurs du rugby dans la rĂ©alitĂ© des expĂ©riences managĂ©riales et des pratiques entrepreneuriales est possible, mais sous certaines conditions. La première est que le management rugbystique d’une entreprise ne peut fonctionner qu’avec une Ă©quipe travaillant dans la longĂ©vitĂ© et dans la stabilitĂ© le contexte de prĂ©caritĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e que nous connaissons actuellement dans les organisations ne s’y prĂŞte absolument pas. La seconde est que ce nouveau modèle managĂ©rial, pour avoir toutes les chances de rĂ©ussir, doit ĂŞtre pris en charge conjointement par la direction de l’entreprise et par le service communication qui a vocation Ă faire connaĂ®tre ces initiatives, Ă les mĂ©diatiser et Ă en amplifier la portĂ©e. 14Qu’est-ce que les entreprises ont Ă gagner en adoptant ce modèle venu du rugby ? 15Le rugby est en premier lieu porteur d’un modèle particulier et original de gouvernance qui impose, comme le remarque François Jolivet, que chacun soit professionnel, joue son rĂ´le, dans l’adversitĂ©, comme au rugby, mais aussi que chacun puisse dialoguer après la sortie des vestiaires ou lors de la troisième mi-temps. Il faut un esprit constructif et que chacun » Jolivet, 1998 puisse Ă tour de rĂ´le aussi bien perdre que gagner et, plus encore, se construire aussi bien dans l’adversitĂ© et la difficultĂ© que dans la considĂ©ration pour l’autre. 16Selon Emmanuel Bayle, dans le rugby comme dans l’entreprise, certaines logiques existent qui s’appuient sur les principes gĂ©nĂ©rateurs de l’action individuelle et collective en situation les valeurs culture, les influences sur autrui pouvoir, les intĂ©rĂŞts stratĂ©gie » Bayle, 2007, p. 65. Comme le dĂ©montre BĂ©atrice Barbusse, il existe de profondes similitudes de fonctionnement entre la vie d’une entreprise et celle d’un club de rugby. Jocelyn de Just, consultant en management, souligne Ă son tour les importants efforts consentis par le monde de l’entreprise pour faire siennes les valeurs humanistes du rugby. Cette assimilation voulue passe prĂ©alablement par l’établissement d’un univers de rĂ©fĂ©rence commun ou, Ă tout le moins, par une estompe des diffĂ©rences entre les deux Ă©cosystèmes. Au rugby, la solidaritĂ© aide Ă se remettre en question, afin de trouver des solutions ensemble » De Just, 2011. L’humilitĂ© est de rigueur, c’est le maillot [qui] est valorisĂ©, pas le joueur » ibid.. Avant le match, le coach rappelle Ă ses joueurs leur importance dans le système de jeu et ce qu’il attend d’eux. L’important pour une Ă©quipe ou une entreprise c’est la force de son collectif on est parfois amenĂ© Ă souffrir sur un dossier, Ă surmonter une rĂ©elle difficultĂ© pour boucler un projet. Mais si on fait corps avec les copains, on sait qu’on va y arriver » De Just, 2011. Pour motiver ses employĂ©s, un manager peut raconter l’histoire d’un succès ou d’une victoire pour inspirer les collaborateurs » ibid.. Si un manager dĂ©lègue des objectifs » Ă l’autre De Just, 2011., il Ă©tablira avec lui une relation de confiance et essaiera de crĂ©er une culture commune composĂ©e de valeurs, de normes, de rites, de mythes et de hĂ©ros dont la vocation est de crĂ©er une communautĂ© » Barbusse, 2002, p. 409. 17De quelle manière l’entreprise transpose-t-elle dans ses activitĂ©s managĂ©riales des pratiques issues du rugby ? 1 Adrien Cahuzac, Motiver par le rugby », L’usine nouvelle, n° 3250, 9 septembre 2011, ... 18L’entreprise s’inspire en premier lieu de la façon spĂ©cifique qu’ont les rugbymen de gĂ©rer le stress liĂ© Ă la compĂ©tition et aux matches Ă enjeux et de le transformer en source de motivation Areva, Total, Lapeyre ou StĂ©ria ont ainsi fait appel Ă des formations utilisant les règles de jeu du ballon ovale pour rĂ©ussir certains projets ouverture Ă l’international, amĂ©lioration de la qualitĂ© ou rĂ©solution de conflits. Ici, la mĂŞlĂ©e, les techniques de plaquage ou les jeux de touche permettent aux salariĂ©s de tester et de renforcer leur cohĂ©sion. Et Ă chaque membre de l’équipe de trouver sa place1 ». 2 Marie-Madeleine Sève, Le rugby comme modèle… de management innovant », 23 avril 2014, http//www. ... 3 Marie-Madeleine Sève, Le rugby comme modèle… de management innovant », 23 avril 2014, http//www. ... 19Nous aborderons Ă prĂ©sent le cas plus prĂ©cis d’une entreprise crĂ©ant des logiciels spĂ©cialisĂ©e dans le marketing Ă la performance qui s’appelle Public-IdĂ©es et dont le pĂ´le technique est situĂ© Ă Bordeaux. Cette entreprise s’est inspirĂ©e Ă partir de 2011, d’une pratique très rĂ©pandue de nos jours dans le rugby de l’hĂ©misphère sud, une mĂ©thode de travail s’appuyant sur les skills Ă savoir le travail de certains gestes techniques pour renforcer l’habiletĂ© et la maĂ®trise du geste. L’entreprise Public-IdĂ©es a donc entrepris un travail par cycles itĂ©ratifs courts qui vise Ă rĂ©pondre aux mieux aux exigences du client. Ce n’est d’ailleurs pas anodine si l’entreprise s’est pour ce faire appuyĂ©e sur une mĂ©thode baptisĂ©e Scrum », du nom de la mĂŞlĂ©e qui constitue la pierre angulaire du rugby. Comme dans la mĂŞlĂ©e au rugby, l’accent est mis sur les interactions entre les personnes beaucoup plus que sur les processus au rugby, la mĂŞlĂ©e n’est forte que lorsqu’il y a communion des huit avants qui ne font qu’un pendant l’épreuve de force. L’idĂ©e du directeur technique est de satisfaire le client qui est au cĹ“ur du jeu et de mobiliser dans l’action ses salariĂ©s. L’entreprise doit ĂŞtre soudĂ©e comme une Ă©quipe de rugby, travailler collectivement, et s’adapter en permanence aux alĂ©as non pas du jeu mais des Ă©tapes Ă©maillant la rĂ©alisation d’un produit. Au rugby, des phases de jeu diffĂ©rentes s’enchaĂ®nent, tour Ă tour dynamiques actions de trois-quarts ou statiques phases de conquĂŞte. Dans l’entreprise Public-IdĂ©es, chaque phase, dĂ©nommĂ© sprint» s’attache Ă crĂ©er une première version du produit qui sera enrichie d’une V2 […]. Deux autres termes sont essentiels “product owner” PO, l’œil du client [sur] le projet, […] et “scrum master”[…]2 » ou garant de la mĂŞlĂ©e c’est-Ă -dire en l’occurrence de la rĂ©alisation d’un logiciel. Ce rĂ´le est identique Ă celui que tient le talonneur dans la mĂŞlĂ©e, il fixe le cap et assure la stabilitĂ© de l’édifice. Suivent ensuite la transparence » et l’inspection » pour vĂ©rifier que les travaux sont sur le droit chemin, dont les Ă©quivalents sont les sĂ©ances de dĂ©cryptage vidĂ©o des sĂ©quences de jeu après le match. Au terme de ces dĂ©briefings, les salariĂ©s de l’entreprise Public-IdĂ©es dĂ©couvrent un nouvel Ă©tat d’esprit reposant sur la prise d’initiative et la responsabilisation. Comme au rugby, chacun s’approprie le projet tout en restant libre de faire ses propres expĂ©riences, de prendre des risques et d’émettre des avis personnels. C’est le groupe qui dresse sa propre autocritique et pointe des perspectives d’amĂ©lioration, dĂ©cide des directions dans lequel on se doit d’aller. L’avantage d’un management transposĂ© du monde du rugby repose prĂ©cisĂ©ment sur cette double dynamique d’une part le travail collectif visant Ă mobiliser toute une Ă©quipe, et d’autre part la libertĂ© offerte Ă chacun de tenter, de proposer de nouvelles choses, des nuances ou des inflĂ©chissements Chacun doit donc apprendre Ă [s’] Ă©couter et dire son opinion avant que le groupe se mette d’accord, par vote ou consentement. Et le partage comme le feed-back positif doivent devenir un rĂ©flexe3 ». 20Au final, pour cette entreprise, travailler de cette manière en s’inspirant des pratiques du rugby a prĂ©sentĂ© l’avantage considĂ©rable de gagner en rapiditĂ©, de renforcer la coopĂ©ration au sein des membres de l’équipe, d’encourager la responsabilisation et l’auto-organisation et de rendre la transmission de l’information plus fluide, comme doit l’être celle de la balle au rugby. 21Mais pour Ă©clairante qu’elle soit, cette Ă©tude de cas doit ĂŞtre nĂ©anmoins nuancĂ©e et relativisĂ©e, car il n’y a rien de plus complexe que les interactions interpersonnelles et que la gestion de l’émotion et des affects au travail. Si elle a pu porter ses fruits pour l’entreprise Public-IdĂ©es et permettre Ă son activitĂ© de se dĂ©velopper considĂ©rablement et d’être beaucoup plus efficace, il faut nĂ©anmoins se garder, en matière de management par le rugby de tout angĂ©lisme et ne pas mĂ©sestimer un autre type de rĂ©cupĂ©ration, managĂ©rial celui-lĂ Quand on connaĂ®t la capacitĂ© fĂ©dĂ©ratrice et identificatoire du sport, on comprend pourquoi les entreprises qui souhaitent fĂ©dĂ©rer leurs salariĂ©s autour de valeurs communes se tournent vers le sport » Barbusse, op. cit., p. 409. 22La communication managĂ©riale et politique s’est inscrite depuis quelque temps dans une dynamique d’acculturation visant Ă s’approprier certaines valeurs humaines constitutives du rugby, mais elle a tĂ´t fait de les sacrifier sur l’autel de la performance Ă©conomique et théâtrale. Une transmission biaisĂ©e la rĂ©cupĂ©ration politique et marchande des valeurs du rugby ? La rĂ©cupĂ©ration politique du rugby 23Au moment oĂą la population française est confrontĂ©e Ă des dĂ©fis sans prĂ©cĂ©dent crise sociĂ©tale, perte d’intĂ©rĂŞt pour la politique, difficultĂ©s Ă©conomiques, etc., il est Ă©vident que s’intĂ©resser au rugby sous l’angle des valeurs peut sembler, sinon vain, du moins en rupture totale avec les prĂ©occupations de l’opinion publique. On pourra tout d’abord expliquer l’engouement portĂ© au rugby par des raisons mineures, voire dĂ©risoires les hommes gaspillent leur enthousiasme et se dĂ©tournent, en revanche, de ce qui devrait susciter leur ferveur » Sansot, op. cit., p. 32 en l’occurrence les arcanes secrets de la vie de la communautĂ© nationale. On pourra aussi percevoir le rugby, le football et bien d’autres sports comme des jeux sans malice ni enjeux vĂ©ritables. On y verra, enfin, d’agrĂ©ables passe-temps auxquels recourent celles et ceux qui y voient une forme de divertissement au sens pascalien du terme, une Ă©chappatoire par rapport Ă un quotidien parfois morose. La rĂ©alitĂ© est somme toute assez diffĂ©rente. En effet, il faut bien, comme l’écrit Pierre Sansot dans l’ouvrage dĂ©jĂ citĂ©, donner une orientation Ă la vie et ordonner un calendrier un peu plus motivant que celui de notre travail » Sansot, op. cit., p. 33. Quand la vie de tous les jours oscille entre la stagnation et l’emballement, entre les petits tracas et les grandes joies, alors nous devons – selon Pierre Sansot – trouver de multiples occasions de nous rassembler autour de reprĂ©sentations et de passions communes la joie d’être ensemble n’est pas, non plus nĂ©gligeable, s’il est vrai que nous n’avons pas beaucoup d’occasions de nous rassembler et de vibrer collectivement » ibid., p. 33. 24Quel meilleur dĂ©nominateur commun entre le rugby et la politique que les vecteurs de rassemblement, les activitĂ©s permettant aux hommes de se retrouver autour d’émotions partagĂ©es par le plus grand nombre ? 4 Alain Duhamel, 12 septembre 2007, ... 25Les hommes et les femmes politiques l’ont bien compris qui ont Ă©tĂ© prompts Ă s’emparer des grands Ă©vènements sportifs pour en faire des moments obligĂ©s de leur activitĂ© dans l’espace public. Ils ont rapidement saisi la part dramatique que recelaient les grandes compĂ©titions sportives et les ont intĂ©grĂ©s dans leurs interventions adressĂ©es Ă la collectivitĂ©. Pascal Lardellier analyse ces interventions comme des moments particuliers de la vie en sociĂ©tĂ© la “reprĂ©sentation du Corps collectif” est une image globale, une impression gĂ©nĂ©rale que va produire d’elle-mĂŞme la communautĂ©. […] Cette image collective, caractĂ©risĂ©e par un fort principe d’idĂ©alisation […] sera perçue dans le regard de [l’autre], la construction du dispositif rituel Ă©tant toujours spĂ©culaire, c’est-Ă -dire conçue en miroir » Lardellier, 2003, p. 210. Ainsi, pour un leader politique, un match de rugby constitue une reprĂ©sentation du corps collectif de la France, mais plus encore un moyen de crĂ©er autour du match une dramaturgie incluant le public qui reprĂ©sente une frange prĂ©cise de son Ă©lectorat potentiel. Georges Balandier l’avait analysĂ© dès 1992 tout système de pouvoir est un dispositif destinĂ© Ă produire des effets […] qui se comparent aux illusions créées par la machinerie du théâtre » Balandier, op. cit., p. 14. C’est ce qu’a remarquablement analysĂ© le journaliste politique et essayiste Alain Duhamel dans une tribune publiĂ©e le 12 septembre 2007 sur le site du journal LibĂ©ration le rugby n’est pas seulement l’un des sports les plus pittoresques et les plus virils souvent aussi l’un des plus brouillons, c’est Ă©galement, c’est nĂ©cessairement, c’est de plus en plus un objet politique identifiable, parce qu’il y a un usage politique du rugby et qu’il y a, que cela fasse plaisir ou non, une nature politique du rugby, presque une vocation politique4 ». 5 Le XV de France a Ă©tĂ© battu 17-12 le 7 septembre 2007 en match d’ouverture de la Coupe du Monde s ... 26Ce n’est pas pour rien que la Coupe du Monde de Rugby 2007 – organisĂ©e en France pour la première fois en six Ă©ditions – a constituĂ© un Ă©vènement sans prĂ©cĂ©dent Ă la fois sur le plan social et sociĂ©tal, Ă©conomique, et bien Ă©videmment politique en dĂ©pit, pour le XV de France, de rĂ©sultats sportifs inĂ©gaux5. La communication politique du PrĂ©sident de la RĂ©publique alors en exercice Nicolas Sarkozy a largement contribuĂ© Ă faire de cette compĂ©tition une incarnation de la spectacularisation de la vie politique, ainsi que l’a analysĂ© l’anthropologue Georges Balandier le pouvoir acquis est théâtral dans l’acception la plus immĂ©diate du mot » Balandier, op. cit., p. 15. La prise en charge – théâtrale – par le pouvoir politique d’un Ă©vènement sportif au potentiel dramatique certain participe entièrement d’une dĂ©marche de rĂ©cupĂ©ration des valeurs du sport en gĂ©nĂ©ral et du rugby en particulier. Certains indicateurs la place spectaculaire et la surexposition que lui offrent les mĂ©dias, les remarquables taux d’écoute des tĂ©lĂ©spectateurs ne trompent pas le public frĂ©mit, les Français rĂŞvent de reproduire sous Nicolas Sarkozy avec le ballon ovale ce qu’ils avaient vĂ©cu sous Jacques Chirac avec le ballon rond, l’Hexagone soudain mĂ©tamorphosĂ© en une nation de supporters, avec une envie collective de vibrer, de gronder, de vocifĂ©rer, d’ovationner les siens, de triompher tous ensemble par le truchement hypothĂ©tique de quinze bĂ©liers soudain dĂ©chaĂ®nĂ©s » Duhamel, 2012 La compĂ©tition rugbystique devient ainsi un moyen de prendre le pouls de la population française et de l’entendre battre Ă l’unisson au grĂ© des heurs et des malheurs de ses hĂ©ros. 27La farouche volontĂ© affichĂ©e par Nicolas Sarkozy – qui Ă©tait alors un PrĂ©sident de la RĂ©publique fraĂ®chement Ă©lu – de se poser en fin connaisseur d’un sport complexe tel que le rugby s’inscrit dans la continuation de la campagne prĂ©sidentielle qui l’a conduit au plus haut sommet de l’Etat. En effet, en ayant laissĂ© entendre qu’il Ă©tait depuis toujours un amateur passionnĂ© de rugby, Nicolas Sarkozy a usĂ© et abusĂ© d’une narration utile qui lui a, jusque-lĂ , parfaitement rĂ©ussi le storytelling que Christian Salmon dĂ©finit comme un art de raconter les histoires » Salmon, 2008, p. 7. En cela, il s’est montre douĂ© pour exploiter et rĂ©cupĂ©rer habilement le vouloir-vaincre ensemble qui saisit, hystĂ©rise parfois le pays, comme si le sport et la compĂ©tition mondiale devenaient une affirmation patriotique de soi, un drapeau d’espĂ©rance ou de revanche, un substitut du destin, un peuple fugitivement rĂ©uni par une horde de colosses en bleu et boue » Duhamel, 2012. En praticien avisĂ© du storytelling, Nicolas Sarkozy s’est prĂ©parĂ©, si les dieux des stades Ă©taient avec lui, Ă se transformer en supporter suprĂŞme, faisant corps avec l’équipe victorieuse, soutenant ses efforts, partageant ses Ă©preuves, ses blessures et surtout ses lauriers, bĂ©nĂ©ficiant de sa popularitĂ© extatique, cela va de soi, Ă condition de savoir chavirer quand il le faut dans un populisme savamment dosĂ©. Car c’est bien Ă©videmment de cela qu’il s’agissait pour l’homme politique de profiter un maximum de la rĂ©ussite de l’équipe nationale en l’occurrence de rugby, de s’attribuer les victoires et les exploits des joueurs en espĂ©rant que leurs moments de gloire – les fameuses quinze minutes de cĂ©lĂ©britĂ© dont a parlĂ© Andy Warhol – rejaillissent sur ses Ă©paules. C’est ce que Pascal Lardellier appelle l’ appar-ĂŞtre » Lardellier, 2003, p. 203 et qui se situe Ă la croisĂ©e entre une image soi-disant naturelle et une image construite. Cela ressortit Ă©galement au mĂ©canisme bien rodĂ© du marketing politique que Philippe J. Maarek a analysĂ© comme une dĂ©marche globale de conception, de rationalisation et d’accomplissement de la communication politique moderne ». Maarek, 2007, p. 3. La stratĂ©gie de communication Ă©tait bien connue et avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© utilisĂ©e avec succès par Jacques Chirac qui, en 1998, durant le Mondial de football, alors qu’il n’avait jusqu’alors montrĂ© que peu d’intĂ©rĂŞt pour le sport, s’était rĂ©incarnĂ© en mascotte du onze tricolore » Duhamel, 2012. Nicolas Sarkozy a saisi au vol l’occasion de s’emparer d’une manifestation capable d’émouvoir le peuple. C’est d’ailleurs ce qu’écrit Alain Duhamel, remarquable scrutateur des mĹ“urs politiques françaises Nicolas Sarkozy, adepte du jogging, du vĂ©lo, du tennis, fervent supporter du PSG, se recycle en toute hâte, apprenant d’urgence l’alphabet et la grammaire du rugby. Si le XV tricolore se redresse et retrouve Ă temps la furia francese, le PrĂ©sident sera fin prĂŞt pour devenir quelques semaines l’emblème du bonheur français. Sinon, il mènera le deuil face Ă l’injuste fatalitĂ©. Pourquoi ne pas instrumentaliser le rugby après le football ? » Duhamel, 2012. 28On saisit bien Ă lire Alain Duhamel tout l’intĂ©rĂŞt que Nicolas Sarkozy a eu Ă reprendre Ă peu de frais l’engouement gĂ©nĂ©rĂ© par l’enchaĂ®nement des matches de rugby de très haut niveau, par la succession des rencontres Ă Ă©limination directe qui gĂ©nèrent de la curiositĂ©, du suspense et de la surprise et soulignent ainsi la dimension communicationnelle des Ă©motions » Baroni, 2007, p. 20 analysĂ©e par RaphaĂ«l Baroni. Il a su avec intelligence mettre en parallèle dans ses discours la trajectoire superbe mais difficile des rugbymen français durant la Coupe du Monde 2011 et sa propre situation inconfortable au sommet de l’État quelques annĂ©es après, ainsi que l’analyse le journaliste HervĂ© Gattegno dans un article publiĂ© dans le Point en dĂ©cembre 2011 N. Sarkozy a toutes les raisons de succomber Ă une nouvelle passion pour le rugby. La performance du XV de France en Coupe du monde a de quoi l’inspirer. Pour la vaillance qu’ont montrĂ©e les Français, Ă qui les pronostiqueurs promettaient une raclĂ©e monumentale, et que personne n’imaginait en finale il y a trois semaines. On voit bien le parallèle N. Sarkozy est donnĂ© battu dans tous les sondages, son camp est divisĂ©, ses partisans assez dĂ©mobilisĂ©s et lui-mĂŞme a l’air d’avoir perdu la main » Gattegno, 2011. Nul doute que le PrĂ©sident de l’époque aura prĂ©fĂ©rĂ© retenir l’image d’une Ă©quipe qu’on disait moribonde et qui a Ă©chouĂ© d’un point face Ă la meilleure Ă©quipe du monde les All Blacks au terme d’une farouche bataille, gagnant ainsi le respect du Monde du rugby. Sa communication Ă propos des valeurs du rugby, dĂ©magogique et utilitariste, constitue un modèle de rĂ©cupĂ©ration politique d’un Ă©vènement d’intĂ©rĂŞt collectif mais il en existe une autre, plus larvĂ©e mais tout aussi efficace, l’instrumentalisation et la marchandisation du sport. La rĂ©cupĂ©ration marchande du rugby 29Depuis le passage du rugby Ă l’ère professionnelle en 1995, un certain nombre d’alliances avec le monde de l’entreprise se sont opĂ©rĂ©es, d’abord de manière relativement timide et balbutiante, puis de façon plus affirmĂ©e et davantage institutionnalisĂ©e. Mais l’histoire dĂ©bute en rĂ©alitĂ© bien plus tĂ´t, au dĂ©but du XXe siècle, dans la rĂ©gion du Massif Central. L’existence du club de l’ASM Clermont Auvergne est fortement liĂ©e Ă l’entreprise dominante de la ville de Clermont-Ferrand, Ă savoir la manufacture Michelin, qui a fait de gros investissements pour se doter d’installations sportives omnisport. 30C’est en 1911 que la manufacture Michelin fonde l’Association Sportive Michelin ASM, qui a pour but de divertir les employĂ©s des usines clermontoises. C’est un club omnisport qui possède une Ă©quipe de rugby, mais aussi des sections football, basket-ball ou encore athlĂ©tisme. Cependant, en 1922, l’ASM doit changer de nom pour se conformer Ă une directive de l’Union des sociĂ©tĂ©s françaises de sports athlĂ©tiques USFSA qui interdit aux Ă©quipes de possĂ©der le nom d’une entreprise dans leur nom, afin de lutter contre la publicitĂ© et la concurrence dĂ©loyale. L’entreprise Michelin dĂ©cida alors de changer l’Association Sportive Michelin en Association Sportive Montferrandaise, Montferrand Ă©tant le nom d’un quartier de Clermont oĂą se situaient Ă l’époque les installations du club. Aujourd’hui, l’ASM existe toujours et a Ă©tĂ© rebaptisĂ©e ASM – Clermont Auvergne en 2004. Le mĂ©cĂ©nat sportif de Michelin ne reprĂ©sente plus que 11 % du budget du club, mais ce dernier joue toujours au stade Marcel-Michelin. Ce premier niveau d’interpĂ©nĂ©tration entre les pratiques sportive et entrepreneuriale correspond Ă une recherche de performance sportive qui transforme les objectifs, les bases de gestion, la structure des clubs. Comme l’écrivent Gautier Fontanel et Robert Paturel leurs rĂ©sultats sportifs, mais aussi leur niveau de compĂ©tition, sont sources de financement, de notoriĂ©tĂ© et de soutien populaire. La performance sportive est recherchĂ©e, ce qui implique un investissement plus important en termes sportifs, financiers ou de temps » Fontanel et Paturel, 2008, p. 4. 6 Pascal Lardellier y a consacrĂ© un ouvrage paru en 2013 aux Éditions EMS, Risques, rites et plaisirs ... 31Ă€ l’époque oĂą le rugby n’était pas encore professionnel, certains joueurs ont Ă©tĂ© pionniers en matière de revenus dĂ©rivĂ©s de leurs pratiques sportives. Je songe notamment aux frères Spanghero Laurent et Claude, premiers rugbymen français Ă avoir acquis une certaine cĂ©lĂ©britĂ© sportive Ă partir de laquelle des entreprises ont bien voulu investir et grâce Ă laquelle, en retour, ils ont pu crĂ©er dans les annĂ©es 1970 leurs propres sociĂ©tĂ©s, d’abord de location de voitures mais elle a rapidement cessĂ© son activitĂ©, puis de prĂ©parations alimentaires Ă base de viande. C’est prĂ©cisĂ©ment cette sociĂ©tĂ© qui a Ă©tĂ© frappĂ©e par un violent scandale sanitaire impulsĂ© par le remplacement de la viande de bĹ“uf par de la viande de cheval dans certains plats cuisinĂ©s6. On touche lĂ aux limites des rapprochements entre rugby et entreprise, lorsque les rugbymen servent de prĂŞte-nom, d’hommes-sandwiches et de garants de la moralitĂ© Ă certaines pratiques entrepreneuriales. Il s’agit lĂ d’un premier niveau d’instrumentalisation ou de rĂ©cupĂ©ration du rugby. 7 32Mais il en existe d’autres. Beaucoup plus près de nous d’un point de vue temporel, les entreprises sont nombreuses Ă pratiquer le sponsoring, notamment sous la forme de contenu publicitaire figurant sur les maillots des joueurs. Nous nous concentrerons plus particulièrement sur trois entreprises qui ont nouĂ© des partenariats avec des clubs de rugby ou avec la FĂ©dĂ©ration Française de Rugby par exemple Ă l’occasion d’une Coupe du Monde ou de la retransmission des matches du Tournoi des Six Nations. La SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale, en s’appuyant sur des valeurs partagĂ©es respect, esprit d’équipe, engagement, convivialitĂ©, mène depuis vingt-sept ans des actions en faveur du rugby et se comporte comme un un partenaire fidèle et impliquĂ©, prĂ©sent sur tous les terrains, qui s’attache Ă dĂ©velopper la pratique comme Ă soutenir le haut niveau7 ». 8 9 33Autre partenaire de longue date du rugby français, la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires GMF est le partenaire historique de la FFR depuis plus de 25 ans, mais elle apporte son soutien Ă de nombreuses associations sportives, petites et grandes qui ont en commun la passion du rugby et partagent avec elles des valeurs telles que la solidaritĂ©, la cohĂ©sion d’équipe et l’engagement8 ». La dernière entreprise qui a partie liĂ©e avec le rugby, Cap Gemini, se dĂ©finit avant tout comme une sociĂ©tĂ© d’hommes [dont] les principes fondateurs […] ont Ă©tĂ© Ă©tablis de manière Ă correspondre Ă un ensemble de valeurs inspirĂ©es […] du rugby honnĂŞtetĂ©, audace, confiance, libertĂ©, solidaritĂ©, simplicitĂ© et plaisir, […] [responsabilitĂ© et indĂ©pendance], […] [esprit d’équipe et de compĂ©tition], […] [patience et respect]9». 34Ces trois entreprises n’investissent pas bien Ă©videmment de manière entièrement philantropique mais bien parce qu’elles exigent en retour de la rentabilitĂ© et des retombĂ©es positives en termes d’image. Il est Ă©vident que le principal sponsor maillot l’entreprise varoise Pizzorno d’une Ă©quipe venant de gagner la coupe d’Europe de Rugby comme cela a Ă©tĂ© et comme c’est toujours le cas, en l’occurence le Rugby Club Toulonnais n’en retire que des avantages. D’abord, il est associĂ© Ă une forme d’audace, Ă un certain esprit de conquĂŞte et d’entreprise qui se voient investis d’une aura symbolique. Ensuite, il ressort nĂ©cessairement grandi et renforcĂ© d’un partenariat gagnant-gagnant. Quelle est alors dans cet univers la place d’un sport collectif comme le rugby qui situe le collectif au-dessus de tout ? 35La place la moins enviable, celle qui rĂ©sulte d’une instrumentalisation. Comme l’écrit BĂ©atrice Barbusse, les managers assimilent ce sport Ă certaines vertus combativitĂ©, courage, loyautĂ©, responsabilitĂ©, esprit d’équipe qui correspondent aux besoins de l’entreprise d’aujourd’hui. Dans un contexte de plus en plus concurrentiel oĂą la performance est l’objet d’un vĂ©ritable culte, la rĂ©fĂ©rence au sport le domaine par excellence de la performance s’impose comme une Ă©vidence pour tous les managers » Barbusse, 2002, p. 407. Le sport est ainsi perçu un formidable vecteur d’assimilation des valeurs propre au système qui a contribuĂ© Ă l’engendrer, c’est-Ă -dire, Ă©crit BĂ©atrice Barbusse, que la pratique sportive facilite l’adaptation Ă la sociĂ©tĂ© compĂ©titive, Ă ses cadences, Ă son organisation » ibid., p. 408. Cela montre bien que dans ce genre de situation, l’intĂ©rĂŞt affichĂ© par une entreprise pour un sport comme le rugby reste circonscrit Ă un objectif de rentabilitĂ© et d’augmentation de la productivitĂ©, ce qui constitue pour le rugby l’instrumentalisation suprĂŞme tant pendant très longtemps ce sport s’est tenu Ă©loignĂ© des logiques comptables et financières. 36Si les univers de l’entreprise, de la politique et celui du rugby semblent très Ă©loignĂ©s les uns des autres, il y a en rĂ©alitĂ© quelques rapprochements possibles entre les trois domaines. Si les valeurs du rugby sont des exemples Ă suivre pour la collectivitĂ©, pour la vie de la citĂ© au sens Ă©tymologique de la polis grecque ou de l’organisation, elles sont en revanche en total dĂ©calage avec les us et les pratiques actuelles de la politique politicienne. Le rugby porte des valeurs positives, humanistes et fĂ©dĂ©ratrices. Il promeut un modèle de sociĂ©tĂ© oĂą l’affrontement entre deux Ă©quipes est viril mais correct, la violence Ă©tant neutralisĂ©e par le règlement qui encadre les phases de jeu, et oĂą l’on est contraint de faire face, Ă n’importe quel prix et quelle que soit l’âpretĂ© de l’opposition. Les hommes politiques en France ont rapidement inflĂ©chi leur communication vers le rugby gĂ©nĂ©rant une ferveur mĂ©diatique Ă laquelle ils adossent leur mise en scène du politique. Le rugby et l’entreprise ont Ă©laborĂ© au cours de cette dernière dĂ©cennie des rapprochements dans un souci commun de recherche de la performance et ont, de ce point de vue seulement, des logiques convergentes. Toutefois, en important progressivement des modalitĂ©s de gestion similaires Ă celles de l’entreprise, il s’agit pour la sphère sportive de rester sur le chemin de la performance sportive et organisationnelle alors que pour l’entreprise, lorsqu’elle instrumentalise le sport, il s’agit de pĂ©renniser avant tout une performance Ă©conomique. 37Rugby, politique et entreprise convergent bien vers une commune logique de performance, mais c’est la nature de la performance recherchĂ©e qui les distingue encore profondĂ©ment. Si, l’orgueil et la volontĂ© peuvent faire dĂ©placer des montagnes aux rugbymen, il n’en faut pas plus aux chefs politiques et d’entreprise pour qu’ils franchissent le Rubicon et rĂ©cupĂ©rent Ă peu de frais les valeurs d’un sport qu’ils mĂ©connaissent si bien.
Cinqans après sa dernière sélection avec les All Blacks, Tawera Kerr-Barlow a eu une idée. World Rugby ayant desserré l’étau concernant la disponibilité des joueurs pour les sélections
Le football, omniprésent en Algérie. CC Das Wortgewand, Pixabay Dans un pays où le football est roi, l’équipe de SapienSapiens, agence de production toulousaine, a voulu partir à la recherche du rugby en Algérie. Leur reportage, réalisé avec le soutien de France 3 Occitanie et de la région Occitanie, a fait l’objet d’une diffusion et d’une discussion le 19 avril 2018 à Toulouse. J’y étais pour vous. Début 2015. Les recherches en Algérie n’ont rien trouvé le rugby est rentré en France avec les accords d’Evian. Il faut aller jusqu’à Malacca, en Malaisie, pour tomber sur un groupe de franco-algériens qui, depuis des années, veulent créer une fédération de rugby en Algérie. Un rêve un peu fou. Ensemble, ils forment déjà une sélection nationale, et se rassemblent au moins une fois par an. Tous soulignent l’importance que revêt pour eux, comme pour n’importe quel Algérien, le fait de représenter leur pays. En cet été 2015, ils ont eu la chance de jouer une compétition entre pays musulmans. Après 2 victoires, les voilà en finale contre la Malaisie. Le match est tendu, émaillé de décisions arbitrales étranges, et se termine en bagarre générale. L’Algérie perd contre le pays organisateur, mais les joueurs, amers, ne renonceront pas. Le reportage suit les membres du projet et enchaine les portraits. Nous rencontrons ainsi Azouz Aïb, qui coache la sélection et est l’un des meneurs du projet de fédération depuis son bureau, à Brive. Malgré les longues heures de discussions coupées au montage, le côté attachant du colosse est palpable, tout autant que son engagement dans le projet et son émotion à chaque avancée notable. Un engagement partagé par les autres, qui ont chacun leur histoire à raconter sur leur rencontre, peu naturelle pour leur origine, avec le rugby. Djemai Tebani, à Clichy, explique ainsi s’être rendu, adolescent, à un entrainement de football, comme l’aurait fait n’importe lequel de ses amis. Or ce jour-là , il n’y avait pas football, mais rugby. Cela fait désormais 33 ans qu’il est dans ce monde, où il est devenu éducateur. Suivant son exemple, de plus en plus de jeunes franco-algériens se mettent au rugby à Clichy. Les Toulousains Khaled et Samir racontent des histoires similaires, entre mauvais gabarit pour jouer au football et déception de ne pas avoir de sang marocain, qui possède une vraie fédération de rugby, jusqu’à l’appel d’Azouz. Invités à un tournoi de beach-rugby à Marseille puis rappelés pour la vraie sélection, ils ont la sensation d’être des pionniers, rejoignant un projet vieux de 10 ans. Des Algériens jouant au rugby, ce sont aussi deux cultures qui s’affrontent. Ou pas. Tous témoignent du naturel que revêt pour eux cette situation, d’un métissage assumé. Ils sont à la fois français et algériens, sont imprégnés des deux cultures dont le rugby est présenté comme un trait d’union, certes improbable. C’est ainsi que Khaled, qui joue à Saint-Sulpice, explique que les choses se sont faites très naturellement lors de son arrivée au club, habitué à recruter des jeunes de la région n’ayant pas passé le cap du professionnalisme. Il n’a même pas eu à rappeler son régime alimentaire lors du premier repas du club auquel il assiste, il a la surprise de se voir proposer quatre côtes d’agneau. Ici, ce qui compte, c’est que le joueur soit un “bon gars” et qu’il se donne à fond. Fin 2015, la fédération est finalement créée et reconnue par le gouvernement. Il aura fallu plusieurs années, de nombreux déplacements en Algérie, des journées de formations d’éducateurs, des rencontres avec des officiels, mettre sa vie privée de côté, mais le rêve devient réalité. La “promesse” très intime d’Azouz est tenue. Le travail n’est pas fini pour autant il faut trouver des sponsors, mais aussi convaincre les Algériens. L’Algérie joue chez elle, à Oran, pour la première fois le 18 décembre 2015. De nombreux officiels sont présents, mais le public aussi est là , remplissant le quart du stade. Un beau score pour une première, qui se conclut avec la manière victoire 16-6 contre le voisin tunisien. Le mouvement est lancé. L’hiver suivant, l’Algérie organise le Tournoi des Tri nations. Après un courte défaite contre le Maroc, le match contre la Tunisie doit être diffusé sur une grande chaine nationale. Une nouveauté pour tout le monde, y compris le commentateur dont les bourdes sont rattrapées par Azouz, qui l’assiste en cabine. La sélection perd encore pour un point, mais l’essentiel n’est pas là . Le public est présent et, alors qu’il découvre encore ce sport, n’impose pas encore la pression du résultat aux joueurs. Depuis la fin du tournage, une quinzaine de clubs se sont créés, principalement dans les villes d’origine des joueurs Oran, Zéralda, Alger… Mais dans un pays où le foot est roi, les problèmes sont encore nombreux. L’Etat soutient peu le rugby, surtout financièrement, et les joueurs sont souvent poussés vers la sortie de terrains empruntés au football. Mais la possible qualification pour la Coupe du Monde et la hausse de niveau des joueurs du cru même si aucun n’est encore international pourraient changer les choses. Crédits Image à la Une CC Wikimedia, Brianhe
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